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Ruling is foreseeing


The impact of Breathless on French cinema
Raoul Coutard Film-maker
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We were happy... Well, I mean... Let's say that on the whole it was relatively quite well received. Well... so it's part of, if you want, it's like Aesop's tongue, it's the best and worst of things. It slightly opened French cinema, but at the same time... I mean, at one point everyone thought that you could do anything, in whatever way with whoever, forgetting that Jean-Luc had not only talent but also a little genius. So there were a whole load of films that were made which created quite a few arguments because there were people not filming in order and in any old way wasn't enough to make a good film. And in fact... I mean, it really influenced the way in which I worked because one of the big problems, when you're filming, of course, is the time it takes. As I was saying, I always try not to take too much time so that the film director can have more time for his direction. And in reality, we find ourselves once again, when we do the lighting, there's a whole installation, when we are on set. When you're in studio... well, it isn't a big problem insofar as all the lighting is installed above, so we just need to light the projectors that are needed. If we want to change location, we turn them off and turn on other ones. So when were on a set, we need to install everything on stands, so it's still a problem if we've started to do the lighting in one way, and we change our minds, everything needs to be taken down, everything that we've done to set it up in a different way.

It often happened that we found a lot of people, even so-called experienced people, who couldn't figure out where the camera needed to be placed for the first shot, which... Since everything else depends on it. So they set it up, they say, 'We're going to put it here'. They look with the viewfinder and when it's time to film: actually, no, it'll be better to put it on the other side. So everything needs to be taken down, so all the time we spent doing it is lost. So to avoid things like that, I put a lighting system in place which was made with amateur equipment, which were reflecting lights, which are called RFL, which had one advantage being that they light in a very high powered way but with the disadvantage that they only last six hours. Meaning that... so we had to light them and then as soon as we didn't need them anymore turn them off so that they lasted at least two days. So it was a lighting that did what we call a keylight, a global light, uniform, and all you needed at the time were two projectors on a stand or attached to something to give direction. But at the same time if we said, 'We want to change the axis', it's extremely simple, all we needed to do was to take the two projectors that we had placed for direction and then we could set it up in the other axis. Ultimately, we could have even practically filmed without... There was enough light to be able to film. So it enabled to gain a lot of time and to erase the uncertainties. So I'm saying that it was the same for the people of the New Wave, not for François Truffaut because he knew very well what he wanted, but... well, for loads of others whose names I won't say. But at the same time it's also true that there are still... we still find nowadays filmmakers who don't know where to put the camera, yet they are so-called experienced people.

On était contents... Enfin je veux dire... Disons que dans l'ensemble ça a été relativement bien accueilli quand même. Bon. Alors ça, ça fait partie, si on veut, c'est comme la langue d'Esope, c'est la meilleure et la pire des choses. Ça a ouvert un petit peu le cinéma français, mais en même temps, je veux dire à un moment donné, tout le monde a cru qu'on pouvait faire n'importe quoi, n'importe comment avec n'importe qui, en oubliant que quand même Jean-Luc avait non seulement du talent mais un peu de génie quand même. Bon il y a eu tout un tas de films qui ont été faits, qui ont fait qu'il y a eu quand même pas mal de cassages de gueule parce qu'il y a des gens il ne suffisait pas de tourner dans le désordre et n'importe comment pour que ça fasse un bon film. Et d'ailleurs, je veux dire, ça a influé beaucoup sur ma façon de travailler parce que un des gros problèmes, quand on tourne, bien sûr, c'est le temps qu'on met.

Comme je disais, moi j'essaie toujours de ne pas prendre trop de temps pour que le metteur en scène ait plus de temps pour faire sa mise en scène. Et en réalité, là on se retrouve, quand on fait une lumière, il y a toute une installation, quand on est dans les décors. Quand on est en studio, bon ça ne pose pas de gros problème dans la mesure où toute la lumière est installée en haut, donc il suffit d'allumer les projecteurs dont on a besoin. Si on veut changer d'endroit, on éteint et on en rallume d'autres. Bon, quand on est dans un décor à l'intérieur, il faut tout installer sur des pieds, donc ça pose quand même un problème si on a commencé à faire la lumière dans un sens, et qu'on veut changer d'avis, il faut tout démonter, tout ce qu'on a fait, pour se remettre dans l'autre sens. Ça arrivait souvent qu'on trouve énormément de gens, même des gens qui se disent confirmés, qui ne sont jamais foutus de savoir où ils vont placer la caméra pour le premier plan, bon ce qui- Parce que comme ça commande le reste. Alors ils s'installent, ils disent, 'On va se mettre ici', ils regardent avec leur viseur et au moment où c'est prêt à tourner. Finalement: non, il vaut mieux se mettre de l'autre côté. Alors il faut tout casser, alors tout le temps qu'on a passé est perdu. Donc pour éviter ce truc-là, j'ai mis en place un système d'éclairage qui était fait avec du matériel d'amateur, qui étaient des lampes réflecteurs, qu'on appelait des RFL, qui avaient un avantage c'est qu'elles éclairaient d'une manière très puissante mais un inconvénient c'est qu'elles ne duraient que six heures. C'est-à-dire, donc qu'il fallait les allumer et puis dès qu'on n'en avait plus besoin les éteindre pour pouvoir arriver à tenir au moins deux jours avec. Alors c'était un éclairage qui faisait ce qu'on appelle la keylight c'est-à-dire une lumière globale, uniforme, et il suffisait à ce moment-là d'avoir deux projecteurs sur pied ou accrochés à quelque chose pour donner une direction. Mais en même temps si on disait, 'On veut changer d'axe', c'était extrêmement facile, à ce moment-là il suffisait d'enlever les deux projecteurs qu'on avait mis pour la direction et puis on pouvait se mettre dans l'autre axe. Même à la limite on aurait pu pratiquement tourner sans... Il y avait suffisamment de lumière pour pouvoir tourner. Donc ça permettait de gagner beaucoup de temps et de gommer les incertitudes. Alors je dis que c'était pareil pour les gens de la Nouvelle Vague, pas pour François Truffaut parce qu'il savait très bien ce qu'il voulait, mais enfin plein d'autres dont je ne vais pas dire le nom. Mais en même temps c'est vrai aussi qu'il y a encore, on trouve encore maintenant des metteurs en scène qui ne savent jamais où foutre la caméra, pourtant c'est des gens qui sont soi-disant confirmés.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Tags: Breathless, François Truffaut, Jean-Luc Godard

Duration: 3 minutes, 41 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008