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Life on board a Dutch trooper


Leaving for Indochina
Raoul Coutard Film-maker
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So the Americans had decided that it was out of the question to intervene with coloured troops, so there was this operation with Leclerc. And they also had a very powerful way of having people to obey that, at the time all the boats navigated in what we called a pool. Meaning that all the boats of all nationalities were under the Anglo-American commandment. And so we left on a boat, which was a Dutch boat.

[Q] Where did you leave from?

From Marseille, we left on a Dutch trooper, there were 2,500 onboard. And it was under British command, the British armed command, and obviously, there was inevitably a French armed captain since there were French troops. So I mean that it was very easy for them to know we were only bringing Europeans on site. As for the duration, the transit took practically a month. We had... It was still right after the end of the war, so it was still... there was no risk of being attacked on the surface.

[Q] It was in '45?

Yes, yes, but there were still many mines and things like that. And there was... The main activity was the four ship abandonment exercises we did every day. Each one needed to, when we were in the cabins, well, in the holds, we needed to be on the bridge in 20 seconds. So the English wouldn't stop hassling us with that, and at the same time, I think that they were absolutely right because... I mean in the Mediterranean, inevitably, there were mines, etc. It took place while you were heading for... while we were navigating.

And there was also something else which was quite amusing, on the boat there were... so I am telling you that it was under commandment, the arms captain was British. And inevitably there was a French arms captain; it was a British arms captain who gave instructions to the French arms captain. So at first it was... they gave us things to eat, so there were sumptuous things like for the English. First of all, there was the early morning tea, the bugles and then we were served tea, then we had a wash, and afterwards, we came back for breakfast, it was sumptuous, with a whole load of things to eat. Afterwards, we had to sweep the rooms, etc., clean the flasks and afterwards there was the inspection when the guys came by. And then... so everyone slept in hammocks. And obviously, the hammocks had to be rolled up, the hammocks were set up above the tables and benches, so we needed to roll up the hammocks, and we would put it in a place to store them which was called hammocks. And so... and obviously we had to sweep, you know how we do it in France, we put all that, the dust, under the hammocks. We symbolically cleaned our mess tins. And then there was the inspection, what they called the 'arms inspection'. And we saw the Dutch captain in his beautiful white uniform, the British with white gloves, they started putting their hands in the mess tins. Do it again. The other one with his flashlight who went to look under the furniture to see... to see if we hadn't hidden the dust. It taught us to be very careful.

Donc les Américains avaient donc décidé qu'il n'était pas question d'intervenir avec des troupes de couleur, donc il y a eu cette opération avec Leclerc. Et puis ils avaient un moyen puissant de faire obtempérer cette chose-là, c'est que tous les bateaux à l'époque naviguaient dans ce qu'on appelait le pool. C'est-à-dire que tous les bateaux de toutes les nationalités étaient sous le commandement anglo-américain. Alors donc nous on est partis sur un bateau qui était un bateau hollandais.

[Q] Vous êtes partis d'où?

De Marseille, on est partis sur un trooper hollandais, on était 2 500 à bord. Et puis il était sous commandement britannique, commandement d'armes britannique, et naturellement il y avait forcément un commandant d'armes français, puisqu'il y avait des troupes françaises. Donc je veux dire si on veut que pour eux c'était très facile de savoir que l'on n'emmenait que des Européens sur place. Alors la durée, le transit était de pratiquement un mois. On avait... C'était quand même encore tout de suite après la fin de la guerre, donc c'était encore... Il n'y avait pas de risque de se faire assaillir en surface.

[Q] C'était en 45?

Oui oui, mais il y avait encore beaucoup de possibilités de mines et de choses comme ça. Et il y avait... Le plus gros des choses était on faisait quatre exercices d'abandon du navire tous les jours. Il fallait que chacun, quand on était dans les cabines, enfin dans les cales, il fallait qu'on soit sur le pont en 20 secondes. Alors les Anglais n'arrêtaient pas de nous faire chier avec ça, en même temps je trouve qu'ils avaient parfaitement raison parce que je veux dire en Méditerranée il y avait forcément des mines, etc. Ça se faisait pendant que vous vous dirigiez vers... Pendant qu'on naviguait. Et alors en plus il y avait un autre truc qui était assez marrant aussi, c'est que sur le bateau il y avait des... Donc je vous dis c'était sous commandement, le commandant d'armes était britannique... Et puis il y avait forcément un commandant d'armes français pour commander, là c'était un commandant d'armes britannique qui donnait des instructions au commandant d'armes français. Alors les premiers temps ça a été, ils nous ont donné à bouffer, alors c'étaient des trucs somptueux comme pour les Anglais. Il y avait d'abord le early morning tea, les clairons et puis on nous donnait du thé, et puis ensuite on allait faire notre toilette, et puis après on revenait pour le breakfast, c'était somptueux, avec tout un tas de trucs à bouffer. Bon après il fallait balayer les piaules, etc., nettoyer les bidons et ensuite il y avait la revue où les mecs passaient. Et puis... Alors tout le monde couchait dans des hamacs. Et alors naturellement il fallait rouler les hamacs, les hamacs étaient installés au dessus des tables et des bancs, il fallait donc rouler les hamacs, on foutait ça dans des endroits pour les ranger qu'ils appelaient des 'hammocks'. Et bon... et naturellement il fallait balayer, naturellement vous savez comment on fait en France, on passait tout ça, la poussière, sous les 'hammocks'. On a symboliquement nettoyé les gamelles. Et puis il y a eu la revue, ce qu'ils appelaient la revue d'armes, et on a vu arriver le commandant hollandais dans son bel uniforme blanc, les British avec des gants blancs, ils ont commencé à passer la main dans des gamelles. Allez, à refaire. L'autre avec sa lampe électrique il allait regarder sous les meubles pour voir... pour voir si on n'avait pas planqué la poussière. Ça, ça nous a appris qu'il fallait faire très attention.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Indochina

Duration: 3 minutes, 46 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008