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Filming at sea (Part 2)

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Filming at sea (Part 1)
Raoul Coutard Film-maker
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Because in cinema there's one thing to remember, which is the following saying: Who deals with the sea, deals with shit. That will be difficult to translate in English. But it's true that all the films made at sea are always very complicated. So I was telling the story of for example "Fishermen Island" the other day, where everyone was sick and we were forced to make another trip. And there, we redid it with Schoen, because he really likes it when there's a storm and it- "Drummer-Crab". We did "Drummer-Crab". So for "Drummer-Crab", we were lucky to- So the Navy was up for it because they have a place of honour in it. We were lucky to have- And it's another film with Jacques Perrin- To have a boat which was the Jaureguiberry which was a squadron escort ship, which was quick, meaning that it was part of the boats that dated back to just after the war, which were boats that could go at 40 knots, I don't remember how fast, an absolutely incredible speed. So there was a steel hull, the deck houses were in aluminium, that's in fact the reason why it destroyed itself because those two metals with sea water, it was like an electric battery, they reacted to each other. So we were on that boat and it was it's last mission. Meaning that afterwards, it was used as a target for exocet shootings. So when we have- So it was planned, we had decided when to shoot, we didn't chose the time when the sea had an 80% chance of being slack, we chose the time when there was a 90% chance of the sea being at least a force 5. And there were still quite a lot of things to do. So we did something a little similar to what we were saying about story-boards, meaning that Pierre and I filmed all the shots that needed to be done on the boat, we looked at the locations of all the shots and we got wind cones of Elemac bazookas welded on the deck in order to be able to fix the cameras so that we didn't have to worry about using stands. Meaning that each shot had its location, so- And that in each camera's spot, a small wind cone had been welded. And since the boat was going to be sent for scrap, it enabled us to weld things on the deck, because if it had been a serving boat we wouldn't have been able to weld anything. Of course. And also for the lighting, I mean like on all boats, the ceilings are very low, so to fix the equipment all we needed to was drill holes and then screw them to the boat's sheet-metal ceiling. So that, that was- It was an epic because I mean we were living on the boat, we were in- So they had taken off the boat, the guys from the torpedo boats and things like that, to make room for us in one of the holds, it's called a post. And that's where the entire film crew was lodged, so there must have been 15 of us sleeping like sailors. And there were also three or four sailors that slept in that post. So, I mean that's when it really needs to be a love story, because we were almost sleeping in the same bed. And in addition in bad conditions because we were shaking all the time, there's a terrible racket because of the sea hitting the hull, and we weren't far from the sonar, we heard the constant racket of the menar when it was probing. So I mean it was an extraordinary epic.
Parce que dans le cinéma il y a un truc qu'il faut se dire, c'est qu'il y a un proverbe qui dit- Qui touche à la mer touche à la merde. Ça va être très difficile de traduire en anglais- Alors c'est vrai que tous les films qu'on fait sur la mer c'est toujours très compliqué. Alors je racontais l'histoire par exemple de "Pêcheur d'Islande" l'autre jour, où tout le monde était malade et qu'on a été obligés de refaire une campagne. Et là, on a refait avec Schoen, parce que lui ça lui plaît beaucoup quand il y a la tempête et que ça- "Le Crabe Tambour"  On a fait le "Crabe Tambour". Alors pour le "Crabe Tambour", on avait la chance de- Bon la Marine était partante forcément puisqu'ils sont quand même à l'honneur là-dessus. On avait la chance d'avoir- Et c'était encore un film avec Jacques Perrin- D'avoir un bateau qui était le Jaureguiberry qui était un escorteur d'escadre, qui était un rapide, c'est-à-dire ça faisait partie de ces bateaux qui dataient de tout de suite après la guerre, qui étaient des bateaux qui pouvaient marcher à 40 nœuds, je ne sais plus combien, une vitesse absolument extraordinaire. Alors il y avait une coque en acier, les superstructures étaient en aluminium, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils se démolissaient parce que les deux métaux faisant- Avec de l'eau de mer, ça faisait comme une pile électrique, ils se bouffaient. Mais en même temps, alors on était sur ce bateau et c'était sa dernière mission le bateau. C'est-à-dire après il servait de cible pour des tirs d'exocet. Bon. Alors quand on a- Bon c'était prévu, on avait choisi le moment de tourner, on n'a pas choisi le moment où la mer avait 80 chances sur 100 d'être étale, on a choisi le moment où il y avait 90 chances sur 100 que la mer serait au moins force 5. Et il y avait quand même pas mal de trucs à faire. Alors on a fait une chose qui correspond un petit peu à ce qu'on disait à propos des story-boards, c'est-à-dire qu'avec Pierre on a fait tous les plans qui devaient être tournés sur le bateau, on a regardé la place de tous les plans et on a fait souder sur le pont des biroutes de bazooka d'Elemac pour pouvoir mettre les bazookas Elemac de manière à pouvoir fixer les caméras pour pas être emmerdés, de savoir comment on allait faire sur pied. C'est-à-dire donc tous les plans étaient repérés, donc- Et à la place de chaque caméra, il y avait une petite biroute de soudée. Et ça c'est parce que, comme le bateau était foutu à la ferraille, donc ça permettait de souder des trucs sur le pont, parce que si ça avait été un bateau en exercice on n'aurait pas pu souder des choses. Bien sûr. Et puis de même aussi que pour l'éclairage, je veux dire comme c'est toujours des bateaux, c'est très bas de plafond, bon pour fixer le matériel il suffisait de foutre un coup de chignole et puis de visser à tôle dans le plafond du bateau pour pouvoir fixer- Bon alors ça, ça a été- Ça a été une épopée parce que je veux dire on restait sur ce bateau, on était dans- Alors ils avaient enlevé- Les gens qui étaient les torpilleurs, les choses comme ça, du bateau, de manière à nous faire de la place dans une cale, ça s'appelle un poste. Et où toute l'équipe cinéma était logée, donc on devait être une quinzaine à coucher comme les marins quoi. Et puis il y avait trois-quatre marins qui couchaient aussi dans ce poste. Alors là, ça fait partie je veux dire, c'est là où il faut vraiment que ce soit une histoire d'amour, parce que là on est vraiment dans le même lit presque, si j'ose- Je veux dire donc en plus dans de mauvaises conditions parce qu'on est secoués tout le temps, qu'il y a un boucan d'enfer à cause de la mer qui tape sur la coque, qu'on n'était pas très loin du sonar, on entendait le ménate qui n'arrêtait pas de faire du boucan pour sonder. Bon mais, je veux dire c'était une épopée extraordinaire quand même.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Tags: Jacques Perrin

Duration: 4 minutes, 9 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008