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The Sailor from Gibraltar

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Tony Richardson
Raoul Coutard Film-maker
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Il était en train de tourner "Mademoiselle", et puis j'avais été contacté par le directeur de production, dont le nom va me revenir tout à l'heure. Alors là je veux dire "Mademoiselle" c'était une opération gigantesque, dans le Massif Central ils avaient réinstallé tout un système téléphonique à eux parce que comme il n'y avait pas le téléphone à l'époque dans ce bled, alors ils avaient installé un système de téléphone pour s'appeler les uns les autres. Et alors j'avais rendez-vous, j'étais en train de tourner- Je pense que je devais tourner à ce moment-là "Pierrot le Fou" je crois, je ne suis pas sûr, mais ça pourrait bien être ça, oui oui c'est ça, c'était "Pierrot le Fou". Et je savais quel jour on rentrait à Paris, ce qui était prévu le voyage, alors je leur avais dit que je passerai vers quatre heures de l'après-midi, comme j'étais en bagnole, que je passerai vers quatre heures de l'après-midi. Et puis on avait des trucs à tourner je sais plus où, donc on est allés les tourner. Et le lendemain on devait rentrer directement de Paris et Jean-Luc a eu l'idée, il a voulu tourner un petit plan je ne sais pas où, près d'Avignon donc on s'est arrêtés, on a tourné ce petit plan, ça a été un peu plus long que prévu donc finalement après j'étais à la bourre, donc pour mon rendez-vous. Et comme à cette époque-là il n'y avait pas les portables et que je ne savais pas quel numéro de téléphone ils avaient, donc j'ai foncé comme une bête pour arriver. Alors je me souviens, il y avait une stagiaire allemande qui avait voulu revenir avec moi parce qu'elle me disait- Il était prévu que je les vois et puis je rentre à Paris le soir- Bon donc elle avait prévu de revenir- Les virages, les trucs comme ça, quand on conduit naturellement on n'a toujours- c'est pas le mal de mer, mais elle n'arrêtait pas de gerber par la fenêtre, avec les virages. Surtout avec la Déesse qui n'arrête pas de rouler comme un bateau. Et puis finalement on est arrivé dans le bled ils avaient fini de travailler. Alors je demande aux gens- Vous ne savez pas où habite Tony Richardson ? Non non. Qui c'est ce gars-là ? C'est le metteur en scène. Bon je vois des figurants. Non non, on ne sait pas où il est tout ça. Puis coup de pot, je vais dans un bistrot parce que je me dis- Il faut que j'essaie de trouver une combine pour leur téléphoner ou je sais pas quoi. Et coup de pot dans un bistrot et je rencontre un machiniste que je connaissais. Je dis- Ah tu tombes bien. Il me dit- Ah ben on a fini depuis deux heures. Je lui dis-Je voudrais savoir où est Tony Richardson. Ah écoute mon vieux, alors c'est interdit de le dire. Mais je dis- J'ai rendez-vous avec lui. Mais je vais te le dire, il est en train de faire une romance avec Jeanne Moreau, alors c'est pour ça que c'est défendu de lui en parler. Alors je vais te dire où il est, tu n'as qu'à y aller. Alors il m'explique l'endroit où c'était. Alors effectivement il était là avec Jeanne, bon alors quand je suis arrivé naturellement Jeanne s'est pendue à mon cou. Et Tony était là, il était également avec son opérateur qui était David Watkin. Alors Tony c'est un mec charmant, très agréable, il parle très bien français, tout ça. Alors on a bouffé pas grand-chose, parce que finalement on arrivait quand ils avaient presque fini de bouffer. Bon et puis donc on a discutaillé et puis finalement on a décidé de se revoir un peu plus tard. Et puis finalement- Ah oui, le directeur de production c'était un mec qui s'appelait Marc Maurette. Ah oui, Marc Maurette. Qui est un grand dirlo. Qui est mort en- Il n'y a pas très longtemps. En juillet il est mort. C'est ça. Bon alors finalement de cette rencontre, j'avais pas envie. Alors je lis le scénar, tout ça, le bouquin, ça me branchait pas du tout, j'avais pas vraiment envie. Je dis à Marc- Non j'ai pas tellement envie. Finalement bizarrement Marc il a vachement insisté, et puis Suzanne Schiffman qui avait, je ne sais pas pour quelle raison, elle avait envie de faire ce film, elle n'a pas arrêté de me faire chier, finalement j'ai dit- Bon bah d'accord je vais le faire. Là aussi, j'ai fait encore une connerie parce que- C'était un vrai bazar parce que- Bon alors j'ai rencontré plusieurs fois Tony, bon, pour voir un petit peu comment ça se passait, Marc, tout ça. Là il n'y avait pas de problème de fric, c'était- Je veux dire tu demandais quelque chose, il n'y avait pas de problème, tu l'avais. On devait aller en Ethiopie, et alors Marc il avait pensé un truc qui n'était pas con. Il avait dit- On va emmener- Moi j'avais une société d'éclairage à l'époque, que j'avais montée avec Coquet pour pouvoir faire mes systèmes d'éclairage à moi. Et Marc il avait dit- Bon tu embarques tout ton système d'éclairage, je te l'achète et je le laisse sur place comme ça j'ai pas- J'avais un groupe électrogène. Je te l'achète, on doit le laisser sur place pour ne pas avoir à payer le voyage de retour qui coûtait la peau des fesses. Bon, c'était l'organisation.
He was filming "Mademoiselle", and the production manager had contacted me, whose name will come back to me later. So I mean "Mademoiselle" was a gigantic operation, in the Massif Central, where they had installed a whole telephone system because they didn't have telephones at the time in that village. So they had installed a telephone system to call one another. And so I had a meeting, I was filming- I think that at the time I was filming "Pierrot le Fou", I'm not sure, but that could've been it. Yes, that's it, it was "Pierrot le Fou". And I knew when we were getting back to Paris, which was planned, so since I was going by car, I had told them I would come by around four in the afternoon. And so we had things to film I don't remember where, so we went to film them. And the next day, we were supposed to go straight back to Paris and Jean-Luc had an idea, he wanted to film a little shoot I don't know where, near Avignon, and so we stopped, we filmed that little shot and it took a little longer than planned so in the end I was late for my meeting. And since at the time there were no mobiles and I didn't know what number to call, I was speeding like crazy. So I remember that there was a German intern who wanted to come back with me because she told me- I was planning to see them, and then I get back to Paris in the evening- So she had planned on coming back- the bends, things like that, when you drive naturally you don't get car sick, but with all the bends, she couldn't stop throwing up. Especially as the DS runs like a boat. And then in the end, when we arrived in the village they had finished working. So I asked around- Do you know where Tony Richardson lives? - No no. Who is he? The director. So I see some extras. No no, we don't know where he is. Then potluck, I go into a bar because I thought- I have to try to find a way to call them or something. And as a stroke of luck, in the bar I ran into a grip that I knew. I said- Ah good thing you're here. He says- We finished two hours ago. So I ask him where Tony Richardson is. Ah listen mate; it's forbidden to say. But I say- I have a meeting with him. -Well, he's romancing Jeanne Moreau. So that's why it's forbidden to talk about it. I'll tell you where he is and you can just go. So he explains where the place is. And in fact, he was there with Jeanne, and naturally when I arrived she threw her arms around me. And Tony was there and so was his cameraman, David Watkin. So Tony was a charming guy, very nice, and he speaks very good French. So we didn't eat very much, because in the end, we arrived when they had almost finished eating. So then we talked and eventually we decided to meet up again a little later. And in the end- Oh yes, and the production manager was a guy called Marc Maurette. Oh yes, Marc Maurette. Who's a big boss. Who died in- Not very long ago. He died in July. That's right. Well so eventually after that meeting, I didn't want to do it. So I read the screenplay, the book, but it didn't grab me, I didn't want to do it. I told Marc I didn't really want to do it. And bizarrely he really insisted, and then Suzanne Schiffman who, I don't know why she wanted to do that film, wouldn't stop hassling me, in the end I said- Well all right I'll do it. I also did something stupid at that point- It was a real shambles because- So I met up with Tony a few times, to see how it was going with Marc and all that. They had no money problems, it was- I mean if you asked for something, there was no problem, you had it. We had to go to Ethiopia, and Marc had come up with a good idea. At the time, I had a lighting company, that I had set up with Coquet to be able to make my own lighting systems. And Marc had said- So bring your entire lighting system, I'll buy it and we'll leave it there. And I also had a generator. So we were going to leave everything there so as not to pay the return flight which was very expensive. So that was the organisation.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Duration: 5 minutes, 18 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008