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Laos

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Conditions in Vietnam
Raoul Coutard Film-maker
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Finalement je veux dire toutes les troupes qui arrivaient- Et il y avait donc forcément la police qui était faite par des Français. Et puis il y avait donc tous les Français qui étaient des colons, qui avaient été occupés par les Japonais pendant un certain nombre de temps. Bon. Il y avait quelques militaires qui réapparaissaient, qui sortaient des camps, parce qu'il y avait eu une opération que les Japonais avaient fait le 9 mars 1945 ils ont anéanti dans la nuit toute l'armée française. Ils ont fait un truc absolument extraordinaire, ils ont fait un cocktail dans toute l'Indochine, en invitant tous les chefs, les patrons, les capitaines, etc. Et le soir à neuf heures du soir ils ont ou tué tous ces gens-là, attaqué les casernes qui n'avaient plus de chefs. Ce qui fait que dans la nuit ils ont nettoyé complètement l'armée française. En quelle année ça s'est passé ça ? En 45, le 9 mars 45. Il y a eu combien de morts ? Oh il y en a eu pas mal, je ne sais pas du tout, je ne m'en souviens plus. En tout cas il n'y a qu'un seul régiment qui a réussi à se débiner c'est le 5ème régiment étranger, qui était lui au Nord, qui a réussi à foutre le camp, ils sont partis en Chine. Et puis d'autres, des petits bouts, des petits brimborions, d'éléments mais en même temps- Ça c'était avant que la guerre soit terminée ? C'était avant que la guerre soit terminée. Avant Hiroshima et Nagasaki ? Avant Hiroshima, c'est ça. Bon. Ce qui fait qu'il y avait assez peu de militaires parce qu'il y en avait un certain nombre qui étaient encore dans les camps, et puis comme ils n'avaient pas été très très bien traités, ils étaient pas fringants. Donc je veux dire en fait l'armée française réoccupait tous ces postes là. Et il y avait également les Britanniques, et il y avait également les Japonais qui étaient eux- qui occupaient les casernes, ils étaient cantonnés dans les casernes. Ils avaient gardé, c'était assez marrant parce qu'ils avaient gardé leurs fusils, et ils montaient la garde. Et à chaque fois qu'un militaire passait, ils se pliaient en six pour saluer. Et tout ça c'est avant ton arrivée toi ? Je parle de mon arrivée là, je suis arrivé là. Tu es arrivé. Mais le massacre de ces soldats, c'était avant ? Oui, le massacre c'était avant mon arrivée. Là nous on est arrivés après, les Japonais étaient prisonniers, les Britanniques, et dans la rue il y avait donc les Britanniques qui circulaient en bagnole etc. C'étaient généralement des Gourkas avec leur grand truc sur la tête, ou les Sikhs. Alors en fait, on devait en principe toucher leur armement. Bon. Donc on était là. Et le gros problème était c'est qu'on avait affaire à des colons, les Français qu'on voyait qui étaient des civils, c'étaient des colons qui disaient- Finalement pour régler le problème 50 centimètres de bambou, ils tapaient sur la gueule des Vietnamiens. Et toute l'armée française qui venait d'arriver avait fait la guerre contre les Allemands pour libérer la France, c'est-à-dire que les mecs regardaient ça d'un œil très critique. Et tout le monde disait- Moi si j'étais Vietnamien, si j'étais Annamite parce qu'à l'époque on n'était pas Vietnamien, si j'étais Annamite je serais Vietminh. Bon mais comme on disait- ça se passait relativement bien, il n'y avait pas trop de trucs. Mais enfin je veux dire dans l'ensemble, l'armée française était plutôt hostile, je veux dire, au système des colons, donc il y avait constamment des accrochages, et en particulier je me souviens à l'hotel Continental un jour on est venus pour boire un coup, ils nous ont foutus à la porte en nous disant qu'il y avait d'autres cafés, qu'on aille boire un coup plus loin. Et alors c'est arrivé de temps en temps, il y a des fois des militaires qui ont foutu en l'air les sièges, qui les ont brûlés. Comme le journal de Saigon publiait toujours des choses qui ne plaisaient pas, les militaires allaient bousiller les journaux. Et un jour il y a eu, le truc c'était assez marrant, il y avait un club sportif à Saigon qui était réservé qu'aux blancs, il n'était pas question- Et il y avait une équipe de football et un jour il y a eu un match de football avec le club sportif, l'équipe sportive contre US PTT, l'union sportive PTT. Et dans l'union sportive PTT ils avaient des joueurs Annamites. Et voilà, comble de scandale qu'un Annamite fout un but au goal français du club sportif. Alors qu'est-ce qu'il a fait le goal français, naturellement il est allé le voir et il lui a foutu son poing dans la gueule. Et naturellement tous les militaires français qui étaient dans les gradins sont descendus pour foutre sur la gueule au goal, qui s'est échappé dans la rue. Et il s'est fait rattraper par les militaires qui lui ont foutu une dérouillée. Alors naturellement le lendemain le journal parlait du scandale des militaires français- Comment réagissait la hiérarchie militaire ? Je vous dis, ils essayaient de calmer le jeu, forcément je veux dire. Et puis petit à petit ça s'est relativement calmé. Et tu es resté combien de temps à Saigon ? Moi en Indochine cette fois-là je suis resté plus de quarante mois.
In the end, I mean all the troops that arrived- and so obviously there was the police, which was made up of Frenchmen. And there were also all the French that were colonists, who had been occupied by the Japanese for quite a while. So. There were some soldiers, who came out of the camps, which were reappearing because of an operation that the Japanese had done on the 9th of March 1945. They wiped out all of the French army one the night. They did something absolutely extraordinary. They hosted a cocktail party in all of Indochina, inviting all the leaders, bosses, captains etc. And in the evening at 9 o'clock they killed all of those people, attacked the barracks, which no longer had leaders. Which means that in one night they completely wiped out the French army. In what year did this happen? In 45. On the 9th of March 1945. How many deaths were there? Oh, there were quite a few, I really don't know, I don't remember. Anyway only one regiment managed to get away. It was the 5th foreign regiment, who was in the north, who managed to get away, they went to China. And others, little pieces, little trinket, of units but at the same time- That was before the war ended? It was before the war ended. Before Hiroshima and Nagasaki? That's right, before Hiroshima. So. Which means that there weren't that many soldiers because a certain number of them were still in camps, and since they hadn't been treated very very well, they weren't very high-spirited. So what I mean is that the French army was taking all those posts up again. And there were also the British, and there were also the Japanese who were- who were occupying the barracks; they were stationed in the barracks. They had kept, it was quite amusing because they had kept their riffles, and they were mounting guard. And every time a soldier passed by, they made a real effort to salute them. And all that was before you arrived? I'm talking about my arrival; I'm already there. You're there. But the slaughter of the soldiers? That was before? Yes. The slaughter was before my arrival. We arrived afterwards, the Japanese were prisoners, the British, and so the British were driving around the streets in cars etc. Generally it was the Ghurkhas with their big thing on the head, or the Sikhs. So actually, theoretically we were supposed to get their arms. Well. So we were there. And the big issue was that we were having to deal with colonists, the French we saw were civilians, they were colonists who said- In the end to settle the problems they would hit the Vietnamese with 50 centimetre long pieces of bamboo. And the entire French army that was arriving had gone to war against the German to liberate France, meaning that the guys were very critical of the situation. And everyone was saying- If I was Vietnamese, if I was Annamese because at the time you weren't Vietnamese, if I was Annamese I would be Vietminh. But as we used to say- it's going relatively well, there aren't too many problems. But I mean on the whole, the French army was more hostile, I mean, to the colonial system, so there were constant clashes, and in particular, I remember one day at the Continental Hotel, we had come in for a drink, they threw us out telling us that there were other cafés, that we could go for drink somewhere else. And so it happened from time to time. There were times when the soldiers had taken seats apart, and burnt them. Because the Saigon paper always published things that they didn't like, the soldiers ruined the papers. And one day, something quite amusing happened, there was a sports club in Saigon which was only for whites, it was out of the question- And there was a football team and one day there was a football match against the sports club, the sports team against the US PTT, the PTT sports union. And in the PTT sports union they had Annamese players. And complete outrage, an Annamese scoring a goal against the French side of the sports club. So what did the French goalkeeper do? He obviously went up to him and punched him in the face. And obviously all the French soldiers who were in the bleachers came down to hit the goalkeeper, who ran down the streets. The soldiers caught up with him and gave him a thrashing. So obviously the next day the papers were all headlining with the scandal of the French soldiers. How did the military hierarchy react? I'm telling you, they tried to calm things down, inevitably I mean. And then little by little things relatively calmed down. And how long did you stay in Saigon for? I stayed more than forty months in Indochina that time.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Duration: 5 minutes, 27 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008