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The evolution of cinematography

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The importance of a good filming environment
Raoul Coutard Film-maker
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And I also work on the assumption that you need to be on good terms with the rest of the team, that is the people you're in contact with: the grips and the electricians. I mean, I make it a principle of going to eat with them, so it prevents me from having semantic problems while talking with the actors and the directing team. And at the same time, I mean, it enables me to find out if they have any problems, the electricians or the grips, because there is always, at one point, the situation when, for whichever reason, I don't know what- there's an overtime hour which wasn't paid or something which was questioned, the gas receipts, well there are always little things, small stuff. So of course the discussions is always- THEY decided. We don't know who THEY are, we don't know if it's a small 't' or a capital 't'. Either way it's a 't'. And so you always have to have this discussion with them so that things don't start festering. Meaning that, if there's a problem like that, which can be sorted out, we say- Don't worry about it, I'll speak to the assistant director, I'll speak to the producer, I'll talk to him about it, to calm down the situation, to calm everyone down. Because otherwise all those things start taking a dramatic turn and all of a sudden this calm atmosphere, of serenity and love that we need to make a film, disappears. So if you like, that's part of the- they're not obligations but things that are required to be done. So the cinematographer is better suited than anyone else to do it because he's always there, he's in direct contact with the grips and the electricians to sort out those issues. So people used to say- You're not going to act like the guy with the jack? It's based on the story of a guy who is in a car at night, he's driving, he's in the country and his tire punctures. Damn. So he says- Bloody hell, I hope I have a spare wheel. So he opens his boot. Ah, there's a spare wheel, great! He takes his spare wheel, he takes his crank out. He starts unscrewing the swivels. Damn, there's no jack! Oh bloody hell. So he looks on a map, so he sees that there's a village three kilometres away, he says- I'm going to leg it, three kilometres, it'll be all right. So he sets off, and he starts to ruminate over it, like the grips and the electricians. So the jack- It's the middle of the night, he'll never want to lend me a jack. And so he continues walking- No, no he's going to rent it to me. He keeps walking- Oh, it would be silly to rent it to me. He should sell it to me because there's nothing I can do, I'll have to buy his jack, I need it. He continues walking- And at this time of night, I don't have a clue how much a jack could cost. Either way, he can charge me double the price if he wants. I'm going to have to buy his bloody jack. And he gets to the village and a stroke of luck, the garage is at the entrance of the village. He rings the bell, a guy opens the door- What can I do for you sir? What? 30,000 francs for a jack? You can shove it, I don't want it! So that's what needs to be avoided, this sort of flurry, because if we're not careful, at one point it gets out of hand and affects everyone, because some bum around, others sulk, etc.

Et je pars du principe aussi qu'il faut être en très bons termes avec le reste de l'équipe, c'est-à-dire les gens avec qui on est en contact, c'est-à-dire les machinistes, les électriciens. Moi, je veux dire, j'ai comme principe d'aller toujours bouffer avec eux, bon ça m'évite d'avoir des problèmes de sémantique en discutant avec les comédiens et l'équipe image- L'équipe mise en scène. Et en même temps, je veux dire, ça permet de savoir s'ils ont des problèmes, les électriciens ou les machinos, parce qu'il y a toujours à un moment donné la situation- Pour une raison quelconque, je sais pas quoi- Il y a eu une heure supplémentaire qui n'a pas été payée ou un truc qu'on leur a contesté, les notes d'essence, enfin il y a toujours des petits trucs, des petits bricolos. Alors naturellement dans la discussion c'est toujours- Ils ont décidé. Ils on ne sait pas qui c'est, on ne sait pas si c'est un 'i' majuscule, un 'i' minuscule, ou alors un 'y' qui serait plus- En tout cas c'est 'i'. Et alors il y a toujours cette discussion qu'il faut avoir avec eux pour que les choses ne s'enveniment pas- C'est-à-dire bon s'il y a un problème comme ça qu'on peut le régler, on dit- Bon ça va, je vais aller voir le régisseur, je vais aller voir le dirlo, je vais lui en parler, pour calmer le truc, pour calmer le jeu. Parce qu'autrement toutes ces choses prennent une tournure qui devient dramatique et d'un seul coup cette ambiance de calme, de sérénité et d'amour dont on a besoin pour faire un film disparaît. Donc ça, ça fait partie si on veut des- C'est pas des obligations mais je veux dire des choses qu'il est souhaitable qu'on fasse. Donc le directeur de la photographie il est mieux placé que n'importe qui puisqu'il est là tout le temps, donc il est en contact direct avec et le machino et l'électricien pour régler ces problèmes-là. Alors il y a une histoire qu'on raconte parce qu'on disait toujours- Tu vas pas nous faire le coup du cric. C'est basé sur une histoire, c'est l'histoire d'un mec qui est en voiture la nuit, il roule et puis il est dans la campagne et puis il crève. Merde. Alors il dit- Nom de Dieu, j'espère que j'ai une roue de secours gonflée. Alors il ouvre son coffre. Ah la roue de secours gonflée, super. Il sort sa roue de secours, il sort sa manivelle. Il commence à dévisser les écrous. Merde, pas de cric. Ah nom de Dieu. Alors il regarde sur la carte, bon il voit qu'il y a un bled à 3km, il dit- Bon, je vais y aller, à pinces, trois kilomètres, ça va y aller. Bon il part, puis il commence à ruminer dans sa tête, comme les machinistes ou les électriciens. Bon alors un cric- En pleine nuit, il va jamais vouloir me prêter un cric. Et puis après quand il est relancé- Non, non, il va me le louer. Il continue à avancer- Oh, il serait bien con de me le louer, il a qu'à me le vendre, parce que je peux pas faire autrement, il faut que je lui achète son cric, j'en ai besoin. Il continue à avancer- Et puis à cette heure-là, j'ai pas la moindre idée de combien ça peut valoir un cric. En tout cas, il peut me le vendre le double s'il veut. Je vais être obligé de lui acheter son maudit cric. Et il arrive dans le village et hop, coup de pot, le garage est à l'entrée du village. Il sonne, il y a un gars qui ouvre la porte- Qu'est-ce qu'il y a pour votre service monsieur ? Quoi ? 30000 balles un cric ? Vous n'avez qu'à vous le foutre dans le cul, j'en veux pas ! Voilà, alors ça, c'est ça qu'il faut éviter, que cette espèce de remugle, parce que si on n'y prend garde, à un moment ça dégénère et ça empoisonne tout le monde, parce que les gens traînent la savate, font la gueule, etc.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Duration: 4 minutes, 8 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008