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Developing films

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The lighting methods (Part 2)
Raoul Coutard Film-maker
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Bon donc j'en reviens à cette histoire, quand on tourne en noir et blanc, il est important d'utiliser beaucoup de filtres. On a vu la sensibilité, etc. Alors il y a des règles générales, c'est-à-dire un filtre ça éclaircit sa couleur et ça assombrit sa complémentaire. Tout le monde sait ça, c'est dans tous les livres. Les filtres qui sont chauds c'est-à-dire du jaune à l'orangé augmentent les contrastes et les filtres qui sont froids c'est-à-dire donc du jaune-vert au bleu diminuent les contrastes. Ça c'est dans tous les livres. Il y a un code qui est fait par Kodak, la norme des filtres Wraten, il y a un numéro dessus-On sait que par exemple G15 c'est un orangé, que le 11 c'est un jaune, que le X1 c'est un vert, etc. Alors il y a toute une série d'opérateurs qui ont cru à un moment donné que la photographie c'était un certain nombre de secrets qu'il fallait surtout pas que les autres appréhendent. Un secret c'est grotesque parce que c'est ce que je viens de dire, ça c'est le secret. Bon alors Matras par exemple il avait une caisse de filtres- Alors des filtres on en avait beaucoup parce qu'il y en avait qui étaient en même temps avec des gris, etc., des gris neutres, etc. Il avait fait changer toutes les nomenclatures pour les remplacer par une nomenclature à lui, c'était dans une caisse qui était fermée, il n'y avait qu'un seul de ses assistants qui avait le droit d'ouvrir cette bon Dieu de caisse et quand il- Quand il demandait un filtre il le demandait avec son truc à lui c'est-à-dire donc personne pouvait savoir, il demandait par exemple le 45, personne ne pouvait savoir que ça correspondait par exemple au 11 ou au 8. Et les autres arrivaient en faisant semblant d'essuyer les filtres pour qu'on voit pas la couleur qu'il mettait dans le porte-filtre. Ça c'est vraiment des trucs. J'ai pas envie de dire que c'en était un, mais enfin c'est des méthodes de taré je veux dire parce que la photographie c'est la vision qu'on a de la chose. On s'appuie sur la technique, c'est pour ça que fabriquer une image en numérique ou en argentique, la fabrication d'image est évidemment un peu différente puisque c'est pas les mêmes techniques mais la finalité elle est la même. Et la finalité c'est l'œil, c'est pas le fait qu'on ait passé par des pixels ou par des grains d'argent, ça c'est vraiment- Il faut- Mais ça, ça a été une mode à un moment donné, c'était de faire ce truc-là. Il y avait aussi des trucs sur les optiques, bon c'est vrai qu'il y avait des optiques anglaises qui étaient faites par Taylor Hobson là, des Cook qui étaient des optiques formidables parce qu'il y avait une espèce de modelé dessus extraordinaire. Alors les gens disaient pas qu'ils se servaient de ce truc-là parce que- Merde c'est vachement beau comme image- Mais ça c'est des- Je pense que ça existe plus. Moi je sais qu'en tout cas j'ai jamais été dans ce style-là, ça m'est déjà arrivé des gens qui me téléphonaient ou qui me demandaient- Tiens j'ai vu tel truc, comment vous avez fait ça, je leur disais. Je veux dire parce que finalement il suffit de chercher un peu et puis on trouve hein.
So getting back to what I was saying, when you're filming in black and white, it's important to use a lot of filters. We've seen the sensitivity, etc. So there are general rules, meaning a filter lightens its colour and darkens its complimentary. Everyone knows that, it's in all the books. The filters that are hot meaning from yellow to orange increase the contrasts and the filters that are cold meaning from yellow-green to blue reduce the contrasts. That's in all the books. There's a code created by Kodak, the norm of the Wraten filters, there's a number on it so we know that for example G15 is an orange, that 11 is a yellow, that X1 is a green, etc. So there's a group of cinematographers who at one point thought that cinematography was based on a certain amount of secrets that should absolutely not be shared with others. Which is absurd because the 'secret' is what I've just said. So Matras, for example, he had a box of filters. So we had a lot of filters because there were some that were at the same time with the greys, etc., and with the neutral greys, etc. He had the entire labeling lists changed to replace them with his own lists, it was in a locked box, only one of his assistants was allowed to open that bloody box and when he- When he asked for a filter he asked for it according to his own list so that no one would know, for example he asked for the 45, no one could know that it corresponded to an 11 or an 8. And the assistant would arrive pretending to wipe the filters so that we couldn't see the colour that he was putting in his filter holder. That's really incredible. I don't want to say that he was crazy, but I mean those are strange methods because cinematography is a vision. We rely on technique, that's why to make a digital or silver-based image, the making of the image is obviously a little different because it's not the same techniques but the aim is the same. And the aim is the eye, it's not the fact that we went from pixels or silver grains, that's really- we need- But that, that was fashionable at one point, it was to do those things- There were also things on the lens, so it's true that there were English lenses which were made by Taylor Hobson, Cooks which were incredible lenses because there was a sort of extraordinary contour on it. So people didn't say that they used that thing because- Damn that's a really beautiful picture- But that's- I don't think it exists anymore. But I know that either way I never got into that style, but some people did call me asking- I saw such a thing, I did you do that, I would tell them. I mean because in the end all you need to do it search a little and you find out.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Taylor Hobson

Duration: 3 minutes, 35 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008