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Filming Week End

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Developing film rolls
Raoul Coutard Film-maker
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Tu nous parlais tout à l'heure d'un problème que toi et Jean-Luc Godard aviez eu sur "Passion" par rapport à un labo. Oui, parce que- Alors un des gros problèmes actuels là, par exemple pour faire du noir et blanc- Tout à l'heure quand je parlais de cette histoire de noir et blanc, j'avais dit- Il y avait les types qui s'occupaient du développement négatif, bon ils faisaient un petit bout d'essai, ils regardaient, et puis ils essayaient d'ajuster le suivant en développant un peu plus. Alors maintenant je veux dire si on veut faire des choses comme ça il faut séparer, c'est l'opérateur qui dit- Vous allez me le développer sept minutes ou six minutes et demie ou un peu plus, etc. Bon. Mais un des- Le gros problème, quand on développe les films- Que ce soit en couleur ou en noir et blanc- Le gros problème c'est qu'il faut qu'on ait affaire à des machines qui tournent. C'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'on mette en route une machine pour développer la production de la journée d'un film. Parce que je veux dire déjà rien que la température soit bien homogène sur tout le révélateur, indépendamment du fait qu'il est dans les cuves, il passe dans des pompes pour pouvoir être recyclé pour qu'il soit brassé- Je veux dire donc il faut en même temps qu'il soit brassé, que ce soit homogène comme température. Et puis en même temps, je veux dire comme il y a- Quand on développe il y a une partie qui se développe et il y a donc- Comme en gros il y a autre chose dedans, c'est du bromure d'argent, à partir du moment où l'argent a été ce qu'on appelle chimiquement réduit c'est-à-dire transformé en argent métallique qui donne le noir sur le négatif, le brome se répand dans l'eau et ce brome a tendance à ralentir le développement et augmenter le contraste. Donc il faut qu'on maintienne cette quantité de bromure à un niveau constant. Donc il y a des pompes qui aspirent ça et puis qu'on remet- Le révélateur est brassé. Ce qui fait- Donc c'est toute une complication. Alors quand on a tourné "Passion", on développait dans un laboratoire à Genève qui est un bon labo, mais comme à l'époque ils n'y avaient pas de film, alors ils avaient un système où ils avaient mis- Il y avait les cuves de laboratoire du développement et puis ils avaient augmenté la quantité de bain, de manière à avoir un truc plus gros pour amortir justement ce côté- C'étaient des grandes cuves qu'ils avaient à côté, c'est-à-dire par exemple au lieu par exemple de 100 litres de bains, il y avait 300 litres de bains. Et ces grandes cuves étaient remplies d'azote pour éviter l'oxydation. Bon, c'est-á-dire donc ces grandes cuves on les mettait, forcément elles étaient mises dans le circuit, il fallait aussi qu'elles aient le temps de chauffer, de manière à ce qu'on pouvait leur envoyer du- Et à chaque fois qu'on donnait des choses, il y avait constamment des irrégularités dans le développement, alors c'était toujours un problème épouvantable avec eux. Mais ça, ça tenait au fait qu'on était les seuls à travailler dans ce labo. Si on était plusieurs, ça ne se serait pas produit. Alors finalement Jean-Luc à un moment donné a piqué une crise de nerfs parce que donc on est partis du labo. Alors ça c'est très important, je veux dire quand on fait du noir et blanc maintenant, comme ils n'en font pas beaucoup, on est généralement le seul à être développé, alors c'est le risque de savoir si on va pas se trouver justement avec ces problèmes de température ou de taux de bromure ou de choses comme ça.
You were telling us earlier, about a problem you and Jean-Luc had on "Passion", with a lab. Yes, because - So for example, one of the current big problems when filming in black and white- Earlier on, when I was talking about black and white, I said that there were guys who took care of developing film negatives, so they did a test, they looked at it, and then they tried to adjust the next one by developing it a little more. So nowadays, I mean, if we want to do things like that we have to separate, it's the director of photography who says- You'll develop it seven minutes or six and a half minutes or a little more, etc. But one of the- the big problem, when developing films, be it in colour or in black and white- the big problem is that you have to rely on the machines being turned on. Meaning that we shouldn't turn on a machine to develop the day's film production. Because I mean, the temperature alone needs to be really homogeneous in the developer, independently from the fact that it's in developing tanks, it goes through pumps so that it can be recycled and then mixed- So I mean, at the same time as it is being mixed, the temperature needs to be homogeneous. And at the same time, I mean since there are- When developing there's a part that develops itself and therefore there are- Since in general there are other things inside, it's silver bromide, so as soon as the silver has been, what is called chemically reduced, that is transformed into metallic silver which creates the black on the negative, the bromine spills in the water and that bromide has a tendency to slow down the developing and increase the contrast. So we need to maintain that bromide quantity at a constant level. And there are pumps that suck that up and then put it back, and so the developer is mixed. It's really complicated. So when we filmed "Passion", we were developing in a laboratory in Geneva, which was a good lab, but since at the time there were no film rolls, they had a system where they had put- There were the laboratory's developing tanks and they had increased the quantity of bath, in order to have something bigger so as to specifically soften that particular aspect of- They were big tanks that they had next to them, meaning that for example, instead of 100 litres of baths there were 300 litres of baths. And those big tanks were filled with nitrogen to prevent oxidation. So, meaning that those big tanks were inevitably included in the chain, they also needed time to heat up, so that we could send them- And every time we gave things in, there were always irregularities in the development, so it was always a dreadful problem with them. But that was due to the fact that we were the only ones working in that lab. If there had been several of us, it wouldn't have happened. So in the end, at one point Jean-Luc went into hysterics because well we'd left the lab. So that is very important, I mean nowadays when we do black and white, since they don't do a lot of it, we're generally the only ones to be developed, so it's the risk of knowing if we're going to end up with those temperature or bromide rates problems or things like that.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Jean-Luc Godard, passion

Duration: 3 minutes, 53 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008