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The information brigade

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Returning to Indochina
Raoul Coutard Film-maker
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Alors quand je suis revenu donc j'étais au service géographique là, à l'Institut Géographique National, bon mais après, au bout d'un moment, on est vite rentré dans- Disons dans le système de l'uniformité qui fait que, toujours dans les belles phrases, l'ennui naquit un jour de l'uniformité, ce qui fait que forcément c'est très difficile de passer toute sa vie avec la même femme ou avec le même homme si on est une dame. Il est intéressant de changer de temps en temps. Et là brusquement j'ai eu envie de changer, et naturellement changer pour quoi? Je me suis dit- Je vais aller retourner en Indochine. Et là cette fois je voulais y retourner comme photographe. Donc je suis parti, je suis arrivé comme photographe là-bas. Tu y es parti dans un but précis, envoyé par un organisme ? Par toi-même ? Non, je suis parti comme ça pour aller faire- Comme il y avait toujours la guerre d'Indochine- Pour aller, être correspondant de guerre mais photographe. Donc je me suis retrouvé là-bas avec des- Alors quand je me suis retrouvé, c'était dans les années 50- Oui c'est ça. Je me suis retrouvé, on était dans un ancien système, c'est-à-dire que le système d'information de l'armée française- C'est-à-dire que tout est secret, il faut fermer sa gueule. Et là quand il y avait une opération qui était faite, si ça avait été un succès, on allait la filmer, pas forcément avec la même unité, mais on allait filmer un certain nombre de phases, c'est-à-dire qu'on mettait en place un certain nombre de trucs qui étaient toujours les mêmes. Bon et puis on envoyait des documents à Paris. Et puis, comme il y a eu, je suis arrivé juste avant qu'il y ait cette fameuse catastrophe qui était l'histoire de la RC4, et où l'armée française s'était fait dérouiller là. Donc le général de Lattre a été nommé à ce moment-là pour revenir prendre le commandement des troupes françaises- Et le poste de haut commissaire de France. Et la première chose qu'il a faite quand il est arrivé, il a dit- Maintenant on va faire de l'information, c'est-à-dire que l'information c'était- on envoie que des militaires mais on les envoie dans les opérations, ils filment et ils photographient ce qu'ils veulent. Ils participent à la- Tu étais en civil ? Non non, j'étais militaire. J'avais réengagé pour deux ans. Tu avais un grade ? Oui j'avais un grade, j'étais sergent. Tu étais sergent ? Mais quand je suis arrivé on m'a dit- On se met toujours en civil et à juste raison parce que quand vous alliez dans une unité et qu'on savait que vous étiez sergent, si vous arriviez en civil- Bon- On arrivait en civil, on avait une carte qui nous donnait le titre d'aspirant mais les militaires ne savaient pas si on était civils ou quoi. Mais comme on arrivait avec un ordre de mission du haut commissaire de France ou du haut commandement, c'est-à-dire qu'on pouvait assister au briefing des officiers, etc., pour savoir comment les opérations allaient se passer et éventuellement choisir avec quelle unité, avec quelle compagnie, quel groupe etc. on allait participer. Une fois, ils ont su que j'étais sergent ils m'ont dit- Vous barrez-vous, vous allez bouffer au mess et puis quand on aura fini on vous dira où vous allez. Donc, je veux dire ça c'était important de rester et-
So when I came back I was in the geographical brigade, at the National Geographic Institute, but afterwards, after a while, we quickly got into- In a system of uniformity let's say which, in keeping with beautiful sentences: One day, boredom arose from uniformity. Which means that obviously it is very difficult to spend your whole life with the same woman or with the same man if you're a woman. It is interesting to change from time to time. And suddenly I wanted to change, but change for what? I thought- I'm going to go back to Indochina. And this time I wanted to go back as a photographer. So I left and arrived as a photographer. You left with a specific goal in mind, sent by an organism? On your own? No I left just like that to- Since Indochina was still at war- to go, become a war correspondent but also photographer. So I found myself over there with- so when I found myself- it was in the fifties- Yes that's it. I found myself, we were in an old system, that is the French army's information system- Meaning that everything is secret, you need to keep it shut. And then when there was an operation taking place, if it had been a success, we went to film it, not necessarily with the same unit, but we went to film some of the stages, meaning that we would set up a certain amount of things that were always the same. So and then we sent documents to Paris. And then, since there had been, I got there just before the famous RC4 catastrophe, where the French army had taken a beating. So the general de Lattre was appointed at the time, to come back and take command of the French troops- and the position of France's high commission. And the first thing he did when he got there, he said- Now we're going to provide information, meaning that the information was- we only send soldiers in the operations, they film and take photographs of what they want. They participate in the- You were a civilian? No, no. I was a soldier. I had enlisted for another two years. Did you have a rank? Yes, I had a rank. I was sergeant. You were sergeant. But when I got there I was told- You always dress in civilian clothes and for good reasons because when you went into a unit and they knew you were a sergeant, if you got there in civilian clothes- So- We would get there in civilian clothes, we had a card that gave us the title of officer cadet but the soldiers didn't know if we were in civilian clothes or what. But since we arrived with mission orders from France's High Commission, meaning that we could attend the officer's briefings, etc., to know how the operations were going to take place and eventually choose with which unit, which company, which group etc. we were going to participate. They once found out that I was an officer and they told me- Get out of here, go eat at the mess and when we're finished we'll tell you where to go. So I mean it was important to stay and-

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Duration: 3 minutes, 33 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008