a story lives forever
Register
Sign in
Form submission failed!

Stay signed in

Recover your password?
Register
Form submission failed!

Web of Stories Ltd would like to keep you informed about our products and services.

Please tick here if you would like us to keep you informed about our products and services.

I have read and accepted the Terms & Conditions.

Please note: Your email and any private information provided at registration will not be passed on to other individuals or organisations without your specific approval.

Video URL

You must be registered to use this feature. Sign in or register.

NEXT STORY

Filming Contempt

RELATED STORIES

Jules and Jim
Raoul Coutard Film-maker
Comments (0) Please sign in or register to add comments

There was something quite funny about François, which was that every time I did a film with him, he wasn't completely obsessed by his filming, because he knew exactly what he wanted to do. When the day before, he explained to you what he was going to do the next day, it was what he had explained the day before. It's not like some who explained to you in detail the day before what they're going to and the next morning did something else. Well and so he always talked about the film he was going to do afterwards. He always talked to us about the film that he never made actually, which was called "Le bleu d'outre tombe". And in the end, the film he made afterwards was "Jules and Jim". So he had given us the- He had asked us to read the book "Jules and Jim", everyone had read it and when we had finished reading, everyone thought- but how can we make a film with something like that? It was interesting but- And everyone had told him- But you're not going to do this? When he had written the screenplay, it was the same thing, everyone was telling him- But François you're completely stupid, you're not going to start filming this, it's going to be really bad, you're going to mess up. So and at the same time, all of a sudden, this film became- We started filming it. And again, we filmed it with a Cameflex. There was only one thing that was filmed in synchronous, it was Jeanne's song, and also a conversation where Rezvani, Oskar Werner and Henri Serre talk about that poet, I never remember his name, the one who was shot in the head. Apollinaire. Apollinaire. So. That was filmed in synchronous sound, with a Came-blimp meaning that we used the same machines. And as I always say, when you make a film, it has to be a love story, meaning that- It doesn't mean that everyone has to start sleeping together, although it can also be done. But it means that we want to film that screenplay, with that director. That we're happy to do it with those actors and with that technical team. Meaning that well, it's true that for two months, we're almost going to sleep in the same bed, so we have to be able to stand and respect each other. Of course. So it's part of a whole load of things that need to be set up, etc. And then precisely when shooting-

[BC]"Jules and Jim"?

 "Jules and Jim" we ended up with, all of a sudden this sort of- As much as, for example, Oskar Werner was a star in Austria, Jeanne was also a star, François was also one, but suddenly we were all a team. It's true that there weren't many of us, but all of a sudden there was a sort of conviviality, a sort of friendship. And I think that this sort of support, but that's something François created, I mean that sort of support was established. And it's the reason why this film is magnificent. I mean, also because François did it, but at the same time under those specific circumstances.

[BC] Was it the case on many of the films that you made? Or was that the one that- It was the one that was the most-

In my opinion it was the one shot in the happiest atmosphere. There were other films that I did which called for closely-knit teams where there were no problems, etc., like for example if we take "Drummer Crab", I mean the entire part on the boat, we were in a sailor post. I mean we were 15 in the room, in the hold, with constant bad weather, always being shaken about, etc., so we really had to want to make the film.

François il avait un truc qui était assez drôle c'est qu'à chaque fois que j'ai fait des films avec lui, il était pas complètement obnubilé par son tournage, parce qu'il savait très bien ce qu'il voulait faire. Quand il vous expliquait la veille ce qu'il allait faire le lendemain, c'était ce qu'il avait expliqué la veille. C'est pas comme certains qui vous expliquaient dans le détail ce qu'ils vont faire la veille et puis le lendemain matin c'était autre chose. Bon et alors il parlait toujours du film qu'il allait faire après. Il nous parlait tout le temps d'un film qu'il n'a jamais fait d'ailleurs, qui s'appelait "Le bleu d'outre tombe". Et finalement le film qu'il a fait après c'était "Jules et Jim". Alors il nous avait filé à lire le- Il nous avait demandé de lire le bouquin de "Jules et Jim" tout le monde avait lu ça et puis quand on avait fini de lire, tout le monde se dit- Mais comment est-ce qu'on peut faire un film avec un truc comme ça ? C'était intéressant mais enfin- Et tout le monde lui avait dit-Mais tu vas pas faire ça  ? Quand il a eut fait le scénario, c'était la même chose, tout le monde lui a dit- Mais François tu es complètement con, tu vas pas te mettre à tourner ce truc-là, ça va être une merde, tu vas te planter. Bon et en même temps, d'un seul coup, ce film-là est devenu- On s'est mis à le tourner. Et là on a tourné à nouveau avec un Caméflex. Il y a une seule chose qui a été tourné synchrone, c'est la chanson de Jeanne, et puis une discussion où Rezvani, Oskar Werner et Henri Serre discutent à propos du poète là, je me rappelle jamais son nom, celui qui a reçu une balle dans la tête. Apollinaire. Apollinaire. Bon. Ça ça a été tourné en son synchrone, avec un Cameblimp c'est-à-dire qu'on a utilisé les mêmes machines. Et je dis toujours quand on fait un film, ça doit être une histoire d'amour, ça veut dire que- Ça ne veut pas dire que tout le monde va se mettre à coucher ensemble, ça peut se faire aussi- Mais ça veut dire qu'on a envie de tourner ce scénario-là, avec ce metteur en scène-là, qu'on est content de le faire avec ces comédiens-là et cette équipe technique. C'est-à-dire que bon, c'est vrai que pendant deux mois, on va presque coucher dans le même lit, donc il faut qu'on puisse se supporter, et se respirer. Bien sûr. Donc ça fait partie de tout un tas de choses qu'il faut mettre en place, etc. Et là on s'est trouvés justement dans ce tournage de- "Jules et Jim". "Jules et Jim" avec brusquement d'un seul coup cette espèce de-Autant par exemple Oskar Werner était une vedette en Autriche, Jeanne c'était une vedette aussi, François en était une, mais d'un seul coup on était tous une équipe. C'est vrai qu'on n'était pas très nombreux, mais d'un seul coup il y avait une espèce de convivialité, une espèce d'amitié. Et je pense que cette espèce de support, mais ça c'est François qui l'a fait naître, je veux dire cette espèce de support a été fait- Et c'est la raison pour laquelle ce film est magnifique, parce que François l'a fait aussi, mais je veux dire en même temps dans ces conditions-là. Ça a été le cas sur de nombreux films que tu as faits ? Ou celui-là c'est celui- C'est celui où c'était le plus- A mon avis le plus dans le bonheur. Il y a eu d'autres films que j'ai faits qui demandaient d'être des équipes soudées où il n'y avait pas de problème, etc., comme par exemple si on prend "Le crabe tambour", je veux dire toute la partie du bateau, on était dans un poste de marin, je veux dire on était 15 dans la piaule, dans la cale, avec un mauvais temps sans arrêt, toujours secoués, etc., bon il fallait quand même avoir vraiment envie de faire le film.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Tags: Jules and Jim, Drummer Crab

Duration: 4 minutes, 5 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008