a story lives forever
Register
Sign in
Form submission failed!

Stay signed in

Recover your password?
Register
Form submission failed!

Web of Stories Ltd would like to keep you informed about our products and services.

Please tick here if you would like us to keep you informed about our products and services.

I have read and accepted the Terms & Conditions.

Please note: Your email and any private information provided at registration will not be passed on to other individuals or organisations without your specific approval.

Video URL

You must be registered to use this feature. Sign in or register.

NEXT STORY

Objective 500 million

RELATED STORIES

The 317th Platoon (Part 2)
Raoul Coutard Film-maker
Comments (0) Please sign in or register to add comments
Bon alors on était donc installés là, c'est-à-dire en fait ça redonnait un petit peu au reste de l'équipe, donc aux comédiens, de se retrouver un petit peu dans une espèce d'ambiance. Alors Perrin en plus avait décidé lui de pas bouffer complètement tous les repas, de manière à maigrir. Bon ce qui est bien foutu. C'est assez rare qu'on voit ça chez les comédiens, cette détermination. C'est ce qu'avait fait Montand par exemple quand on a tourné "L'Aveu", il s'était arrêté de bouffer de manière à pouvoir maigrir, d'avoir une gueule un peu émaciée. Ça c'était nécessaire ? Oui, oui mais en même temps je veux dire il aurait pu dire- Vous n'avez qu'à essayer de vous démerder de me mettre du noir. Là ça nous a aidés parce qu'en même temps ça nous permettait de savoir exactement ce qu'on allait faire. Mais pour avoir cette notion du combat, le genre de combat de jungle, où on ne voit jamais l'adversaire que quand on est au contact. C'est-à-dire, bon ça c'était le grand truc qu'on voulait faire, contrairement à beaucoup d'autres films de guerre, je veux dire où pour faire monter le suspense on voit la préparation, les coups de jarnac que les autres sont en train de préparer. Et au point de vue infrastructures, vous étiez logés où, comment ? Au point de vue infrastructures, on était logés dans des paillotes, sur des lits picots, bon c'est-à-dire que c'était vraiment- On faisait du camping là. C'était camping, il n'y avait rien parce que comme on n'avait pas pu amener de- On n'avait pu amener que des balles à blanc mais on n'avait pas pu amener d'explosifs ou de trucs comme ça, c'est-à-dire que donc pratiquement les balles à blanc très peu, on avait pu amener, parce qu'on avait réussi à les faire passer par la valise diplomatique mais autrement tout le reste on a tout fait avec des tirs réels. Ah bon ? Oui oui. En faisant attention bien sûr, en prenant des précautions. Non, en même temps c'était- Alors c'était un film qui était passionnant à faire je veux dire, parce qu'il y avait quand même cette marge. Alors celui qui a souffert le plus, c'était- Comme c'était une coproduction avec l'Espagne, il y avait un pauvre gars qui s'appelait Manolo qui était un Espagnol qui parlait pas français. Et qui ne rêvait que de manger du pain, ce qu'on ne bouffait pratiquement jamais, parce qu'on ne pouvait pas aller en chercher, et puis bon en trois jours il était rassis, on l'avait bouffé. Donc on bouffait du riz, etc. Et alors il parlait qu'italien le mec, heureusement Perrin parlait un peu l' italien, donc ils avaient- Oui, il y avait travaillé en Italie Perrin ? Oui, donc ils avaient des contacts avec Jacques. Bon pour le reste, bon ça montre qu'on peut faire de la direction d'acteurs même en parlant pas espagnol. Schoendoerffer il aime bien ce genre de situation parce qu'il y a eu le "Crabe Tambour", "L'honneur d'un capitaine" et puis ensuite "Dien Bien Phu" qui sont des films quand même dans des endroits difficiles, des intempéries, beaucoup- Enfin d'atmosphère, il aime ça, il aime ça. Il adore ça, il adore ça. Je veux dire en même temps, c'est vrai aussi que c'est aussi le lieu des héros quand même. Les héros on ne les rencontre pas dans les bars à Paris.
So we settled there, meaning that it helped the rest of the team a little, the actors, to end up in that sort of atmosphere. So Perrin had decided, in addition, not to eat all the meals, in order to lose weight. Which is quite good. It's rare to see that in an actor, this determination. It's what Montand had done for example when we filmed "The confession", he had stopped eating in order to lose weight, to have a slightly emaciated face. That was necessary. Yes, yes but at the same time I mean he could have said- You can just try to sort it yourselves by putting some black or something. There it helped us because at the same time it enabled us to know exactly what we were going to do. But to have that notion of battle, the sort of jungle battle, where you only see your opponent upon contact. So that was the big thing we wanted to do, as opposed to many other war films, I mean where you see the preparation to build the suspense, the stabs in the back that the other are preparing. And from an infrastructure perspective, where did you live, how? From an infrastructure perspective, we lived in straw huts, on wooden beds, so meaning that it was really just like camping. It was camping, there was nothing because since we hadn't been able to bring any- We had only been able to bring blanks but we hadn't been able to bring explosives or things like that, and so we had only been able to bring very few blanks because we had managed to get them though the diplomatic bag but otherwise everything else had to be done with real bullets. Really? Yes yes. By being careful of course, by taking precautions. No, at the same time it was- So it was a fascinating film to make because there was still this margin. So the one that suffered the most, was- Since it was a coproduction with Spain, there was a poor guy called Manolo who was Spanish who didn't speak French. And who dreamed of eating bread, which we hardly ever ate, because we'd go get it, and in three days it was stale, we had to eat it. So we ate rice, etc. And so the guy only spoke Italian, thankfully Perrin spoke a little Italian so they could- Yes, Perrin had worked in Italy? Yes, so he talked to Jacques. As for the rest, it shows that you can direct actors without even speaking Spanish. Schoendoerffer likes this sort of situation because there was "Drummer-Crab", "A Captain's Honour", and then "Dien Bien Phu" which are films filmed in difficult locations, in bad weather, a lot of- Well with atmosphere, he likes that, he likes that. He loves that, he loves that. I mean at the same time, it's also true that it's also the place of heroes. You don't meet heroes in bars in Paris.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Dien Bien Phu, A Captain's Honour

Duration: 3 minutes, 36 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008