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Fireflies in Dien Bien Phu


Preparing the filming of Dien Bien Phu
Raoul Coutard Film-maker
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Well, there are loads of reasons why I didn't do it. It's a film that had been... so, of course, when it was offered to Pierre, he was relatively up for doing it, it obviously needed to be shot in Indochina. And it's a film that had been...So the deal had been negotiated by... What is that guy called, the red millionaire, the guy who sold grains to the Soviet Union.

[Q] Oh yes, I know who you're talking about, yes, yes, yes.

I'm looking for his name.

[Q] Who died recently?

He died recently. Yes, yes, yes, I see but I've forgotten his name. He also sold things to Angola.

[Q] Yes, yes, I know who you're talking about.

So he had sent one of his secretaries to negotiate the contract, but it was a girl who sold the wheat.

[Q] So you'll tell me that when you do cinema, you need dough.

Well, yes. But she knew nothing about cinema. Meaning that she signed a contract with the Vietnamese, and actually... well, you look at it well, after having seen a part of it, I noticed that the Vietnamese managed to get maximum benefits from this shoot. So... and I mean there were things... There were... At the beginning, there was an art director, Pierre-Louis Thévenet, who had been contacted. And Pierre-Louis Thévenet is a remarkable art director, who's French but who lives in Spain and who got an Oscar for best art direction for the film Patton.

[Q] Oh yes, he was the one who did the sets for 'Patton'!

That's right. So he had also made other American films. Meaning that it was a guy that made really great sets. He ended up arguing with... not the producer but with the production manager, who was a guy... I have nothing to say about it, I don't care. But who was quite an annoying individual. He was an eel. I mean, he never wanted to answer questions. And when you're preparing something, there are a lot of questions to be asked, how do we do it, how much money can we have, you have to define the means. So it was always something, we could never see him. So we went looking for locations, they'd been working on the film for a year and a half. And when we came over to see the locations, the only sets they had found were the airport where we had landed, the railway station, the public theatre, the main road and I don't know what, another set which was something obvious.

[Q] But they hadn't thought of filming on the very premises?

No, we couldn't film on the premises because the basin had been repopulated.

[Q] Ah yes, that's right, there were houses there, obviously.

So they offered somewhere, which in fact had nothing to do with Dien Bien Phu, from the structural perspective. But Pierre accepted. So there were loads of things that had been left to chance. So there was... I mean, I don't know. The most ridiculous element was the story of the... Because Dien Bien Phu... it's a... First of all, everyone thinks that a basin is a narrow thing, it was a huge mess, it's massive, we talked about it earlier. There are two airfields in it, it's something... So... And naturally, the Viets were scared stiff of the airforce, but actually the planes couldn't stay very long because at the time, since they were propeller planes, the supplying in the air wasn't done very easily. So those weren't planes equipped for that, so they arrived on the basin, they had 15 minutes of capacity, meaning that the objectives were marked out, they were going to attack the things that needed to be done straight away. But anyway, it scared the Viets, which means that all the offensives took place at night.

In order to be safe, there were two Dakotas that constantly flew over Dien Bien Phu, one of them did the radio links, so that we could go from the ground to the Dakota and from the Dakota to Hanoi, to be over the mountains. And there was another plane who was in charge of launching, what at the time were called fireflies, small lighting rockets attached to a parachute. Meaning that the battlefield was lit all night by rockets with parachutes. So... and naturally, Pierre wanted us to... Because it's an incredible thing. Because at the same time cinematographically it's really good. Of course. You often see people starting to lie down, bam, it fades to black and then there's another light coming on a little further away. So it was something very interesting. So we had asked the Vietnamese if they had lighting rockets, the Viets had said, 'Yes, we'll give you 250 or something like that'. So and then... So it seemed like enough, and afterwards while looking at the thing I say, 'But the lighting rockets, how many have we got?' 'There are 250, don't worry'. I say, '250?'. They say, 'That's it, 250 that last 40 seconds'. I say, 'But what do you mean: 40 seconds? So we don't even have time to say action that it's already over'.

Oh ben je veux dire il y a plein de raisons pour lesquelles je l'ai pas fait. C'est un film qui avait été... Bon Pierre bien sûr, quand il l'a proposé il était relativement partant pour le faire, il fallait forcément le tourner en Indochine, forcément. Et c'est un film qui avait été... Dont la tractation avait été négociée par... Comment il s'appelle ce mec, le milliardaire rouge là, le mec qui vendait du grain à l'Union soviétiqu...

[Q] Ah oui, je vois de qui tu parles, oui, oui, oui.

Je cherche son nom.

[Q] Qui est mort il y a quelque temps?

Il est mort il y a quelque temps. Oui, oui, oui, je vois mais j'ai oublié son nom. Il vendait des trucs à l'Angola aussi.

[Q] Oui, oui, je vois de qui tu parles.

Alors il avait envoyé une de ses secrétaires négocier le contrat, je veux dire comme c'était une fille qui vendait du blé. Alors tu me diras que quand on fait du cinéma il faut du blé... Bah, oui. Mais je veux dire elle connaissait rien au cinoche. C'est-à-dire que donc elle a signé des contrats avec les Vietnamiens, et en fait quand on a bien regardé, moi je veux dire après l'avoir vu une partie, je me suis rendu compte que les Vietnamiens s'étaient bien démerdés pour qu'ils en tirent le maximum de bénéfices pour eux, le tournage de ce film. Bon. Et je veux dire il y avait une chose... Il y avait... Au départ il y avait un décorateur qui est Pierre-Louis Thévenet qui avait été contacté. Et Pierre-Louis Thévenet c'est un monsieur qui est un décorateur remarquable, qui est un Français mais qui vit en Espagne et qui a eu un Oscar de la mise en scène pour le film Patton.

[Q] Ah oui, c'est lui qui avait fait les décors de Patton?

Voilà. Bon il avait tourné dans d'autres films américains également. C'est-à-dire que c'est un mec qui faisait très bien les décors. Il a fini par se bouffer le nez avec... Pas le producteur mais avec le directeur de production, qui était un personnage... Moi j'ai rien à en dire, je m'en fous... Mais qui était un personnage assez agaçant parce qu'on pouvait... C'était une anguille, je veux dire il voulait jamais répondre aux questions. Et là quand on prépare les choses, il y a beaucoup de questions à poser, comment on fait, quel est le fric qu'on peut avoir, il faut définir les moyens je veux dire. Bon alors c'était toujours des trucs, on pouvait jamais le voir. Alors on est partis faire des repérages, ça faisait un an et demi qu'ils étaient sur le film, qu'ils étaient sur le coup. Et quand on est arrivés pour voir les repérages, il n'avait trouvé comme décor que l'aéroport où on était arrivés, la gare, le théâtre municipal, la grande rue et puis je me souviens plus quoi, un autre décor qui était un truc évident.

[Q] Mais on n'avait pas pensé à tourner sur les lieux même?

Non, non, mais sur les lieux mêmes, on pouvait pas parce qu'ils ont repeuplé la cuvette.

[Q] Ah, oui, c'est ça, donc il y avait des habitations qui étaient là, évidemment.

Des habitations, alors ils nous ont proposé un endroit qui n'avait rien à voir avec Dien Bien Phu d'ailleurs, au point de vue structure. Mais Pierre bon a accepté. Alors il y avait plein de trucs qui étaient laissés au hasard. Bon il y avait... Je veux dire je sais pas... L'élément le plus ridicule a été l'histoire des... Parce que Dien Bien Phu je veux dire c'est un... Je veux dire d'abord tout le monde pense qu'une cuvette c'est un truc étroit, c'était un grand bazar énorme, le genre de truc on en a parlé tout à l'heure, il y a deux aérodromes dedans, c'était un truc... Bon. Et naturellement les Viets avaient une trouille bleue de l'aviation, mais en fait les avions ne pouvaient pas rester très longtemps parce qu'à l'époque le ravitaillement, comme c'étaient des avions à hélices, le ravitaillement en vol se faisait pas très... Pas facilement. Bon c'étaient pas des avions qui étaient équipés pour faire ça, donc ils arrivaient sur la cuvette, ils avaient 15 minutes de potentiels, c'est-à-dire qu'il fallait qu'ils... Les objectifs étaient désignés, ils allaient attaquer tout de suite les trucs qu'il y avait à faire, bon mais en tout cas ça foutait assez les jetons aux Viets, ce qui fait que toutes les offensives avaient lieu la nuit.

Pour pouvoir être en sûreté, il y avait deux Dakotas qui volaient en permanence au dessus de Dien Bien Phu, il y en a un qui faisait les liaisons radio, pour qu'on passe du sol sur le Dakota et du Dakota sur Hanoi, pour être au dessus des montagnes. Et puis il y avait un autre avion qui était chargé de lancer ce qu'on appelait à l'époque des lucioles, c'est-à-dire des fusées éclairantes sur parachute. C'est-à-dire le champ de bataille était éclairé, toute la nuit le champ de bataille était éclairé par des fusées avec des parachutes. Bon et naturellement, Pierre voulait qu'on... Parce que c'est un truc qui est fantastique parce qu'en même temps cinématographiquement c'est vachement bien... Bien sûr. Bien souvent les gens on voit qu'ils commencent à s'allonger, plouf, ça tombe dans le noir et puis il y a une autre lumière qui s'allume un peu plus loin. Donc c'était un truc très intéressant. Alors on avait demandé, ils avaient demandé aux Viets s'ils avaient des fusées éclairantes, les Viets avaient dit, 'Oui, ils avaient dit, on vous en donnera 250 ou je sais pas quoi'. Bon et puis, bon ça paraissait suffisant, et après en regardant le truc je dis, 'Mais les fusées éclairantes, qu'est-ce qu'on a?' 'Y'en a 250, t'inquiète pas'. Je dis, '250?' On me dit, 'Voilà, 250 ça va durer 40 secondes'. Je dis, 'Mais comment ça ça va durer quarante secondes?' Je dis, 'Alors on n'a pas le temps de dire moteur, c'est déjà fini'.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Patton, Dien Bien Phu,, Pierre-Louis Thévenet

Duration: 5 minutes, 27 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008