a story lives forever
Register
Sign in
Form submission failed!

Stay signed in

Recover your password?
Register
Form submission failed!

Web of Stories Ltd would like to keep you informed about our products and services.

Please tick here if you would like us to keep you informed about our products and services.

I have read and accepted the Terms & Conditions.

Please note: Your email and any private information provided at registration will not be passed on to other individuals or organisations without your specific approval.

Video URL

You must be registered to use this feature. Sign in or register.

NEXT STORY

Photo-stories

RELATED STORIES

Berlin
Raoul Coutard Film-maker
Comments (0) Please sign in or register to add comments
So we got to Berlin, so Berlin was quite an extraordinary city because it was still - I don't remember when it was- Either way it was- The night was still very clear at the time. I mean we could see that it was recovering from the war, there were many demolished houses, there were loads of- The retrievable bricks were stacked up on top of each other for reconstruction. The church that was at the end of the Kudamm, there wasn't this concrete rubbish, which has been placed there, it was- It was just there like that. And all along the Kudamm there were lots of little roast chicken stalls, and people were coming and going. And there was- So the festival was very pleasant. It took place in cinemas? Yes, in different cinemas, like today. It's one of the festivals that's the most- Alongside the Brussels Festival, this one is the most pleasant. Because it's completely- You are in a festival and at the same time it's completely open. So, at the time there were still- At the time, there were two things that had still made me laugh, that were seen in films, those gourmet restaurants where there was a phone on each table, each table had a number, and you could call each other for a chat, when you don't speak German it isn't practical. Anyway there was that, and there was something else that was very amusing, it was a circus ring, there were horses, and there were also girls that we could get on the horse naked. And so all you had to do was was put a few pennies in the jukebox and pay the girl to on the horse. And the horse would hear the music and set off. All that no longer exists. And at the time, so I often- When speaking about cinema I often refer to Clausewitz who wrote quite an incredible book called "On War" which is quite amusing because when you read it, you realise that Mao Tsé Toung's military writings were completely taken from this book, because everything was copied, even the fish in the water, etc., it was in- And at the time, I mean when you have- I don't remember how we got talking about Clausewitz, but it made everyone laugh because it was the street with all the luxury brothels. Poor Clauzewitz. So I mean, that festival went very well, we got the Prize of the City of Berlin, which wasn't- At the time it didn't have- It was a small- I mean it's an award but without great significance. Since in fact, I think that prizes are satisfactions for those who receive them. But in general they won'tincite the public to come and see the film. Well just as Jean-Luc Godard had predicted, the film was a flop. It stayed in the boxes and in the end very few people remember it or even saw it.
Alors on est arrivés à Berlin, alors Berlin c'était une ville assez extraordinaire parce que c'était encore un moment- Je ne me souviens plus à quelle époque c'était- En tout cas il faisait- La nuit était très claire encore. Je veux dire on voyait que ça venait de se relever de la guerre, il y avait beaucoup de maisons démolies, il y avait plein de petites- Des briques récupérables étaient toutes empilées les unes sur les autres pour pouvoir refaire les constructions. L'église qui était dans le bout de la Kudamm il y avait pas cette espèce de tas de merde en ciment qui a été monté là, c'était-Elle était là comme ça. Et puis tout le long de la Kudamm c'était plein de petits marchands de poulet rôti, où il y avait des gens qui venaient. Et il y avait- Alors le festival était très sympathique. C'était dans des salles de cinéma ? Oui, différentes salles de cinéma, comme maintenant, c'est un des festivals les plus- Moi c'est l'un des festivals avec celui de Bruxelles qui est je trouve le plus sympathique. Parce que c'est complètement- On est dans un festival et en même temps c'est complètement ouvert. Bon, Et il y avait encore à l'époque. A l'époque, il y avait encore deux trucs qui m'avaient fait marrer, qu'on voyait dans les films, c'étaient ces grands restaurants où il y avait un téléphone sur chaque table, chaque table avait un numéro, on pouvait s'appeler pour pouvoir jacasser, quand on parle pas l'allemand c'est pas pratique. En tout cas il y avait ce truc-là, et puis il y avait un autre truc aussi qui est très marrant, c'était une piste de cirque, il y avait des chevaux, et il y avait des filles aussi, qu'on pouvait faire monter après sur le cheval. Et alors il suffisait de mettre des sous dans le juke-box et puis de payer la fille pour qu'elle monte à cheval. Et le cheval il réécoutait la musique, il se mettait en route. Tout ça, ça a disparu. Et à l'époque, alors je fais souvent- Je me réfère souvent quand je parle de cinéma à Clausewitz qui a écrit un bouquin assez fantastique qui s'appelle "De la guerre" et qui est assez marrant parce que quand on le lit, on s'aperçoit que les écrits militaires de Mao Tsé Toung ont été complètement écrits d'après ce bouquin là, parce que tout est caviardé, même le poisson dans l'eau, etc., c'est dans-Et à l'époque, je veux dire quand on a- Je ne me souviens plus à quel moment on en est venus à parler de Clausewitz, tout le monde se marrait parce qu'en fait c'était la rue où il y avait les bordels de luxe pauvre clausewitz. Bien. Alors donc, je veux dire, ce festival s'est très bien passé, on a eu le prix de la ville de Berlin, ce qui n'était pas- A l'époque ça n'avait pas- C'était une petite- C'est une récompense je veux dire mais enfin ça n'avait pas une grosse signification. Comme d'ailleurs je pense que les prix sont des satisfactions pour ceux qui les reçoivent, c'est pas des incitations pour le public à venir dans l'ensemble. Enfin le film, comme l'avait prédit Jean-Luc Godard, a fait un bide, il est resté dans les cartons et finalement il y a assez peu de gens qui se souviennent et même qui l'ont vu.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Jean-Luc Godard

Duration: 3 minutes, 10 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008