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Financing a film (Part 1)


Raoul Coutard Film-maker
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So, when I got back to France after that film, so I was coming back from Indochina, I mean I was offered something fascinating. It was an old friend from Indochina who offered it to me, to do photo-stories. So photo-stories are stories printed in magazines, in what we called at the time romance magazines, which were dominated by- Del Ducas? Del Ducas. And so the funniest thing is that Del Ducas had given money to help- Since Del Ducas was Kessel's friend, to help de Beauregard who was in trouble, Del Ducas had taken over part of the production. But I was working for one of Del Ducas competitors was called Sofito, which was run by guys who had also- It's funny actually. They'd been in Indochina, they were mafiosos. It had already started. And so I took the photos for that thing, it was something very amusing because it was sort of like cinema because it was cut like- Yes, yes that's right! There were- Wide shots, close ups, etc., there was text; we needed to be careful when doing it, remembering to leave space for the speech bubbles, to put the text in. How long did you do that for? Oh I must have done that for a couple of years, more or less. And was the pay good for that kind of work? Well, yes, it paid enough to eat. Yes, well, because I forgot to say that my parents had given me the terrible habit of eating three times a day. To have breakfast, lunch and dinner. So that's really tough because you need to earn a living to do that. And actually, it made you laugh but- I went to Los Angeles, there was a live Internet chat and one of the questions was- So they told me- Here take that one, it was a young cameraman, who was asking: I've been offered a position as cinematographer on a film but they won't give me lighting or money, what should I do? So I said- If you're hungry, you do it, but you should also accept it, if you're courageous. And the photo-stories, did you do a lot of them? I did quite a few, yes. Really? Yes, yes. I did quite a lot of them. Didn't it become tedious in the end? Not at all, not really because I mean, actually since it was never really the same thing, I mean it was- and we were also working for a company that- We did things, either photo-stories for romance magazines, so it's quite big. And others for- for example we did a photo-story for Paris Presse, the Intransigent. There was a strip, which used to be a comic strip, and they had decided to put a photo-story there instead. So I mean actually, it wasn't really the same thing. And there was a shooting script? Oh yes, there was a script. Were you the one doing it? Well, actually, there was a director, meaning that there were two of us. The photographer and the director. So with the director, we created some sort of script, which according to the photos that we had taken, could be altered later on if certain photos were worth doing in a wide shot. But most of the cutting was done. It was quite fun to do. How long did it take to make a photo-story? It varied. A week. A week? Sometimes three days. With- With actors. Characters? Characters, actors. Either way, it was shot in black and white? Some in black and white, others in colour. Oh yes, as well! Did you keep them- Oh no no, I didn't keep them, they are the property of the company. No. But you could have taken one if they'd offered it to you. No, I haven't even looked to see if- They were signed at the- The photos? I absolutely don't remember. You don't know? I don't remember, I really don't remember. You don't know? No no. I mean, I wasn't- I mean lets say that- It was something that I found amusing but I mean I knew it wasn't going to last forever. So and one day when I did "Island Fishermen"- So I did that straight after "The Devil's Pass", afterwards I did "Ramuntcho", I stopped, I went back to that company. And when I did "Island Fishermen" the boss told me- So you're going to have to choose between cinema and this. So we worked it out, he needed me to do something else, so I stayed a little longer and eventually when Godard came along I said- Well all right, now I'll stop.
Alors, quand je suis rentré en France après ce film là, donc je revenais d'Indochine, je veux dire on m'a proposé un truc qui était fascinant. C'est un ancien copain qui était en Indo qui m'a proposé ça, c'était de faire des romans photos. Alors les romans photos c'est une histoire qui est imprimée dans les journaux, dans ce qu'on appelait à l'époque la presse du cœur, qui était dominée par- Del Ducas ? Del Ducas. Et alors le plus drôle c'est que Del Ducas avait donné des ronds pour aider- Comme Del Ducas était copain avec Kessel, pour aider de Beauregard qui était dans la merde, Del Ducas avait pris une part de la production. Mais là j'étais dans une boîte qui était concurrente de Del Ducas, qui s'appelait la Sofito, qui était dirigée par les mecs qui avaient été également- C'est marrant d'ailleurs- Des anciens d'Indochine, c'étaient des mafiosos hein, ça commençait déjà. Et alors donc je faisais les photos de ce truc-là, c'était un truc très marrant parce que ça ressemblait un peu à du cinéma parce que c'était découpé comme- Oui,oui c'est ça ! Des plans généraux, des gros plans, etc, il y avait le texte, il fallait faire attention pour se dire quand on va le faire, il faut laisser la place des bulles, pour mettre le texte. Tu as fait ça pendant combien de temps ? Oh j'ai fait ça pendant plusieurs années, pratiquement presque. Et ça payait bien ce genre de travail ? Oh ça payait pour se nourrir oui. Oui, parce que j'ai oublié de dire que mes parents m'ont donné une sale habitude, c'est de manger trois fois par jour. De prendre un petit déjeuner, de manger le midi, manger le soir. Alors ça c'est vraiment tuant parce qu'il faut gagner sa vie pour faire ça. Alors d'ailleurs ça t'a fait marrer parce que- Je suis allé à Los Angeles, il y avait une réunion informatique Internet et dans les questions il y avait- Alors on m'avait dit-Tiens prenez celle-là, c'était un jeune opérateur qui demandait, qui disait- On me propose de faire un film comme chef opérateur mais on ne veut pas me donner de lumière et on ne me donne pas de moyens, qu'est-ce que je dois faire ? Alors je lui ai dit- Si vous avez faim, il faut accepter, mais si vous avez du courage il faut aussi accepter. Et ces romans photos, tu en as fait beaucoup ? Oh j'en ai fait pas mal oui. Ah oui ? Oui oui, j'en ai fait beaucoup. Ça devait devenir ennuyeux à force non ? Pas du tout, pas trop parce que je veux dire en fait comme c'était jamais vraiment la même chose, je veux dire c'était- Et puis on était dans une boîte qui faisait-On faisait des trucs, soit des romans photos pour la presse du cœur, donc c'est un gros paquet, d'autres pour, on avait par exemple, il y a eu un roman photo qui avait été fait dans Paris Presse, l'Intransigeant, il y avait une bande qui était dans le temps une bande dessinée, là ils avaient décidé de faire une bande de roman photo. Donc je veux dire c'était en fait, si on veut, c'était pas tout à fait la même chose. Il y avait un découpage qui était fait ? Ah oui, il y avait un découpage- C'est toi qui le faisais ? Bon c'est-à-dire il y avait un réalisateur qui venait, c'est-à-dire on était deux, le photographe et le réalisateur. Bon le réalisateur on faisait une espèce de découpage qui pouvait, en fonction des photos qu'on avait faites être un peu modifié par la suite si certaines photos valaient le coup d'être faites en plan général. Bon mais enfin il y avait un gros découpage qui était fait, c'est assez marrant à faire. Ça se tournait en combien de temps un roman photo ? Ça dépendait, une semaine. Une semaine ? Des fois trois jours avec des- Avec des comédiens. Des personnages ? Des personnages, des comédiens. En noir et blanc de toute façon ? Euh certains en noir et blanc, d'autres en couleur. Ah oui, aussi ! Tu les as gardés aussi ces- Ah non non, je ne les ai pas gardés, ça c'est la propriété de la boîte. Non mais tu aurais pu en prendre un qu'on t'aurait offert ? Non, j'ai même pas regardé d'ailleurs. Ils étaient signés à la- Les photos, je ne me souviens pas du tout. Tu ne sais pas ? Non je ne me rappelle plus, je ne me souviens plus du tout. Tu ne sais pas ? Non non. Je veux dire, j'étais pas- Je veux dire disons que- C'était un truc qui me faisait marrer mais enfin je me doutais que ça n'allait pas durer quand même cent sept ans. Bon puis un jour quand j'ai refait "Pêcheur d'Islande", bon j'ai donc fait ça tout de suite après "La passe du diable", ensuite j'ai fait "Ramuntcho", je me suis arrêté, j'ai recommencé à la boîte. Et quand j'ai fait "Pêcheur d'Islande" le dirlo il m'a dit- Bon alors faut que tu choisisses entre ça et le cinoche. Bon comme après c'était goupillé, il a eu besoin de moi pour faire autre chose, je suis resté encore et puis finalement quand il y a eu l'histoire de Godard j'ai dit- Bon bah d'accord, alors maintenant je vais m'arrêter.

French cinematographer, Raoul Coutard (1924-2016) was twice nominated for the César Award for best cinematography which he won in 1978 for 'Le Crabe-tambour'. He made over 75 films and documentaries, including 'À Bout de Souffle', Le Mépris' and 'Band à Part'. He was the most acclaimed French cinematographer of his generation and one of the key figures of the New Wave.

Listeners: Bernard Cohn

Bernard Cohn est un réalisateur et écrivain français, ayant réalisé cinq film ainsi que de nombreux reportages et séries télévisées. En tant qu'assistant réalisateur, il a travaillé avec plusieurs grands cinéastes, notamment Luis Buñuel, François Truffaut, Otto Preminger et Woody Allen. Il fut membre fondateur du ciné-club Ciné-Qua-Non et a participé à la rédaction et traduction en anglais, de plusieurs ouvrages sur le cinéma.

Benard Cohn is a French filmmaker and writer, who has directed five films as well as numerous documentaries and television series. As an assistant director, he worked with many important filmmakers, including Luis Buñuel, François Jacob, Otto Preminger and Woody Allen. He was a founding member of the Ciné-Qua-Non cinema club and has acted as editor and translator for various publications on the world of cinema.

Tags: Ramuntcho, Indochina, Ramuntcho

Duration: 4 minutes, 57 seconds

Date story recorded: October 2004

Date story went live: 24 January 2008